Le public romand choisit massivement la RTS pour le foot féminin en direct

Blick, 25 juillet 2025

Dans cet article « Devant sa télé, un Romand sur deux a suivi les demi-finales », je fournis au média les données d’audience des demi-finales de l’Euro féminin 2025, qui ont été excellentes sur RTS 2 et sur notre streaming (plateforme Play RTS, app RTS Sport, site rts.ch). J’émets aussi deux appréciations qualitatives, à savoir que le foot féminin suscite un intérêt considérable et que le public romand choisit massivement la RTS pour suivre ces retransmissions en direct.

Ces informations et considérations sont importantes pour au moins trois raisons: chaque téléspectatrice ou téléspectateur voit son choix validé par le public, les annonceurs publicitaires reçoivent la confirmation de l’impact de la chaîne concernée, le débat politique sur la diffusion du sport par l’audiovisuel public est alimenté de données significatives sur les préférences réelles de la population.

La SSR fait face aux défis de son temps

Bon pour la tête, 11 juillet 2025

Dans ce droit de réponse, je réplique au billet de Guy Mettan (ancien journaliste devenu membre de l’UDC) publié quelques jours avant sur le même site.


La SSR fait face aux défis de son temps

Bon pour la tête a publié un texte de Guy Mettan véhiculant de fausses informations au sujet de la SSR et de la RTS, dont nous rectifions ici quelques passages.

Non, la vente de la tour RTS de Genève ne servira pas à payer le nouveau bâtiment de Lausanne-Ecublens, qui est déjà financé par la vente des immeubles qu’il remplace (comme prévu il y a plusieurs années dans le plan de financement et avant que ne se présente maintenant l’opportunité d’offrir à la tour un avenir autour d’un projet d’utilité publique). Car le site de Lausanne-Ecublens prend la relève de quatre immeubles de production: maison de la radio de La Sallaz, bâtiments de l’actualité et des sports à Genève, garage des cars-régie à Meyrin. Cette solution compacte et efficiente nous permet de réduire nos surfaces d’au moins 35% (hors vente de la tour) et nos charges d’exploitation d’autant. Ceci dégagera des économies importantes dans les bâtiments, plutôt que de couper davantage dans le programme.

Tout cela n’aurait jamais pu être rassemblé à la tour, dont les studios sont obsolètes (et où il n’y a pas de place pour les camions), ni à La Sallaz, qu’il aurait fallu rénover à grands frais (en plus de trouver un immeuble provisoire le temps des travaux, l’équiper et assumer un déménagement supplémentaire). Construire à neuf était la solution la plus intelligente.

Le nouveau bâtiment de Lausanne-Ecublens a été conçu pour accélérer la transformation digitale indispensable du média de service public. Il est à 90% dévolu à la production audiovisuelle (ce n’est de loin pas le cas de la tour). Parallèlement, nous continuerons d’être présents sur le site de Genève, en louant les surfaces nécessaires.

Dans quelques mois, la RTS regroupera des activités dans un lieu géographiquement mieux centré, au cœur de la Suisse romande et d’un hub ferroviaire national (Lausanne et Renens), s’installant dans un prestigieux cluster d’innovation et formation constitué par l’EPFL et l’UNIL, avec des édifices emblématiques comme le Rolex Learning Center ou le SwissTech Convention Center: une part importante de la relève du pays et des rendez-vous économiques côtoiera chaque jour les installations romandes de la SSR! Nous concevons que cet atout ne plaise pas à tout le monde. Ce voisinage avec le monde académique sera très positif pour la qualité de l’information en Suisse et donc l’avenir de notre démocratie.

Quant aux revenus de la SSR, donnée que Guy Mettan nous reproche de cacher, elle est publique, facilement trouvable par tout journaliste, notamment sur le site internet de la SSR et dans son rapport de gestion envoyé chaque année aux médias.

Concernant la radio, elle continue de vivre et d’évoluer, comme elle le fait depuis un siècle! Sa diffusion est passée au DAB+ car la Confédération et l’ensemble des radios publiques et privées l’ont décidé il y a des années pour remplacer une bande FM obsolète et énergivore, dont la suppression permet à la SSR d’économiser 15 millions de francs par année (les radios privées, qui ont moins d’émetteurs et de frais, feront la bascule l’an prochain). L’utilisation en numérique dépasse déjà nettement les 80%, que ce soit à la maison, en déplacement ou au travail. Chaque année, un quart de million de nouvelles voitures équipées arrivent sur le marché suisse: le renouvellement naturel du parc va compléter la transition au DAB+ (à quoi s’ajoute l’option d’écoute via l’app Play RTS en connectant le téléphone). Il en fut de même avec le passage de la télévision en noir et blanc à celle en couleur ou du format 4/3 au 16/9: l’histoire est parsemée d’évolutions technologiques qui ont initialement demandé une adaptation avant de devenir une évidence.

Les poches de la SSR ne sont pas profondes et ne peuvent pas amortir les chocs. Son budget coupé de 17% par le Conseil fédéral (pour diminuer la redevance à 300 francs), par la baisse des revenus de la publicité et par l’évolution du coût de la vie, la SSR se réforme profondément, réduit ses effectifs, adapte ses programmes et vend ses tours de Berne et Genève. Oui, la SSR démontre qu’elle sait se remettre en question et faire face aux défis de son temps.

Marco Ferrara, porte-parole de la RTS

Le public de la RTS suit la transition vers le DAB+

GHI, 30 avril 2025

Après que GHI ait consacré le 16 avril dernier une page à un article d’opinion d’un journaliste critiquant indûment et vertement la SSR pour la transition de la diffusion radio de la FM au DAB+ (avec des mots particulièrement acerbes: « décision scélérate », « mesure mortifère », responsables doivent être « sanctionnés avec sévérité », « virer la bande de modernistes » et encore « virer les technocrates »), j’ai sollicité au journal un droit de réponse au nom de la SSR et de la RTS. Notre prise de position a été retouchée par le journal et publiée en version raccourcie dans un encadré en bas de page. La version complète est ci-après.


Le public de la RTS suit la transition vers le DAB+

Nous comprenons l’attachement de Pascal Décaillet à la FM, une technique qui a marqué l’histoire de la radio. Cependant, il est important de clarifier que la décision de quitter ces vieilles ondes pour ne garder que le DAB+ a été prise par la Confédération et toutes les radios suisses (publiques et privées), il y a plus de 10 ans, pour remplacer une infrastructure obsolète et énergivore. La SSR s’est conformée aux délais prévus, ouvrant la voie aux radios privées qui sont plus vulnérables aux audiences en raison de leur dépendance à la publicité.

La RTS a conservé 75% de son audience radio immédiatement après le passage complet au DAB+, un score au-dessus des prévisions qui prouve l’attachement du public à nos programmes et son acceptation de l’évolution technologique. A terme, les audiences vont remonter, comme en Norvège. Car dès la fin de l’année prochaine, plus aucune radio suisse ne diffusera en FM (pas même les privées). Et les pays voisins vont suivre le même chemin. S’équiper tout de suite en DAB+ en vaut donc la peine.

L’utilisation de la radio en numérique dépasse nettement les 80%, que ce soit à la maison, en déplacement ou au travail. Chaque année, un quart de million de nouvelles voitures équipées arrivent sur le marché suisse. Le renouvellement naturel du parc va compléter l’œuvre, comme ce fut le cas il y a quelques années dans de nombreux pays lors du passage de la télévision hertzienne à la télévision numérique terrestre, qui avait requis de coupler un boîtier adaptateur aux téléviseurs existants et d’avoir deux télécommandes, le temps que les foyers renouvellent leurs écrans. Il en fut de même avec le passage de la télévision en noir et blanc à celle en couleur ou du format 4/3 au 16/9. L’histoire est parsemée d’évolutions technologiques.

Même à l’ère de l’internet, le DAB+ est un réseau nécessaire car sa transmission se fait par ondes et n’a besoin d’aucun abonnement: c’est un gage de sécurité pour le pays et la population.

Avec les baisses successives de la redevance, le financement de la SSR diminue depuis des années, ce qui oblige à réaliser d’importantes économies. Or les vieilles antennes FM coûtaient à la SSR pas moins de 15 millions de francs par an (aucune radio privée ne supportait une telle charge, le service public ayant le plus grand nombre d’émetteurs). Était-il judicieux de prolonger un vieux réseau voué à disparaître et qui faisait doublon avec l’actuelle technologie? Nous avons préféré destiner l’argent aux émissions et aux emplois qualifiés.

Enfin, pour rassurer notre ancien collègue, la revue de presse alémanique existe toujours le dimanche dans le Journal de 12h30 de RTS Première et reste un élément d’information et de cohésion que seul le service public SSR prend en charge. S’il ne veut vraiment pas se procurer un adaptateur pour sa voiture ou une radio DAB+, il peut facilement l’écouter avec l’application Play RTS.

Marco Ferrara, porte-parole de la RTS