lematin.ch, 7 octobre 2026
Les annonces sur le replay-TV des opérateurs privés correspondent au déplacement du public vers les nouveaux modes de consommation à la demande. Play RTS reste sans pub.
En réaction à une chronique d’une lectrice sur la publicité à la télévision, la RTS réplique par la voix de son porte-parole.
Marco Ferrara
L’article d’opinion de Madame Ottet publié par lematin.ch présente l’évolution de la publicité télévisée comme une atteinte progressive à la liberté de choix des consommateurs. Cette interprétation appelle plusieurs précisions.
La publicité suit l’évolution des usages. Aujourd’hui, une part importante de la consommation télévisuelle se fait en différé. C’est dans ce contexte que les annonceurs souhaitent également être présents sur les plateformes privées de replay proposées par les opérateurs téléphoniques, pour rejoindre le public là où il se trouve.
Mais les familles suisses gardent le choix et n’ont aucune obligation d’acheter un forfait masquant la pub: elles peuvent nous visionner via les plateformes propres de la SSR, dont Play RTS, qui restent sans publicité pour les contenus à la demande. Quant aux personnes qui y suivent les programmes en direct, elles voient exactement le même signal que celui diffusé à la télévision, dont font partie les écrans publicitaires intercalés dans le programme selon la pratique existant depuis des décennies.
Enfin, il est trompeur d’opposer publicité et redevance. Le financement de la SSR repose sur un modèle mixte: environ 85% des ressources proviennent de la redevance et 15% de la publicité. Sans ces quelques recettes complémentaires que permet un marché de la taille de la Suisse, il faudrait soit augmenter la redevance, soit réduire considérablement l’offre proposée au public. La complémentarité des deux sources de financement fait partie du modèle helvétique et garantit l’existence durable d’un service public accessible à toutes et à tous.