J’ai aussi un garagiste. Dans l’atelier, les mécaniciens écoutent la radio pendant qu’ils sont à l’œuvre. La dernière fois qu’un peintre est venu à la maison, la radio l’a accompagné à longueur de journée. Idem dans des open-space, dans de nombreux magasins et dans les véhicules pro. La restauration et les bars proposent le direct de télévision RTS lors des rendez-vous sportifs, attirant toute une clientèle venant visionner et prendre un verre. L’argument de l’initiative à 200 francs selon lequel les entreprises ne consomment pas la SSR n’est de loin pas généralisable, ni correct.

L’économie d’un pays se porte toujours mieux en présence de stabilité démocratique: un service public fort comme la SSR, non assujetti à des intérêts privés, y contribue. Les entreprises bénéficient de la promotion internationale de la Suisse via la fiction, le sport (images RTS du Tour de Romandie relayées dans 140 pays et montrant nos paysages à plus de 20 millions de personnes), les documentaires ou l’information lorsque nous relayons leurs innovations et performances: ce n’est pas pour rien si elles se démènent afin que nos journalistes assistent à leur conférence de presse. Sans oublier les PME suisses qui sont nos prestataires: 1 emploi à la SSR génère 1 emploi en plus sur le marché, selon le rapport BAK.

Les personnes morales sont aussi importantes que les personnes physiques dans notre fiscalité, pour faire tourner le pays. Aucun patron ne paye 2×, car il s’agit de personnes différentes. L’argument de l’USAM selon lequel les employés paient déjà la redevance à titre privé interpelle: selon cette logique, les entreprises ne devraient pas s’équiper de téléphone sous prétexte que leur personnel peut utiliser ses smartphones privés… Ou elles n’auraient pas à s’abonner aux journaux car les employés peuvent y accéder en ligne avec leur login privé… Bref. Si les entreprises contribuent à côté des familles suisses à la défense nationale sans avoir un soldat posté devant leur porte, aux assurances sociales, aux infrastructures, à la formation, à la recherche, à la santé ou à l’environnement, on peut se demander pourquoi elles en seraient totalement exemptées avec le service public médiatique qui leur rapporte tout ce qui est énuméré ci-dessus.

Certains patrons reconnaissent la valeur de la SSR et assument l’utilisation effective par les entreprises, comme le montre ce sujet du 19h30 donnant la parole à deux visions opposées.

Pour contrer l’initiative, qui va trop loin, le Conseil fédéral a décidé que les foyers verront leur facture baisser à 300 francs et que ne seront assujetties que les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 1,2 millions de francs, ainsi 80% des entreprises suisses seront exonérées de redevance, sans besoin de l’initiative.