Tribune de Genève, 26 février 2025

Dans cette tribune signée en tant que porte-parole de la RTS, je réponds à un courrier de lecteur publié deux jours avant par une personne ne comprenant pas le rôle du service public SSR incarné par la RTS. Le texte publié est ci-dessous.


La redevance, un financement essentiel pour le service public

Il est crucial de comprendre le rôle de la redevance Serafe dans le maintien d’un service public audiovisuel de qualité en Suisse. Contrairement au discours de la lettre de lecteur publiée lundi 24 février, elle n’est pas un prélèvement pour financer des médias «inefficaces», mais une contribution assurant la diversité et l’accessibilité de l’information pour toute la population, qui dans une démocratie est appelée à prendre des décisions.

La Suisse, avec ses quatre régions linguistiques, ne pourrait pas offrir une programmation aussi complète sans le service public. La SSR (à laquelle appartient la RTS) produit des contenus en quatre langues, garantissant une couverture généraliste équitable dans tout le pays, racontant la Suisse d’aujourd’hui, y compris pour les minorités linguistiques. La publicité ne représente que 15% du budget de la SSR et ne pourrait jamais la financer dans sa totalité. Le marché publicitaire suisse n’a pas la taille suffisante. A cela s’ajoute que le service public n’est pas autorisé à commercialiser de la publicité sur ses chaînes radio ni sur le digital, alors même que les médias suisses subissent la concurrence des médias étrangers diffusant de la publicité suisse.

Le service public est soumis à un cahier des charges exigeant: par exemple, 50% du budget est consacré à l’information. Dans ce contexte, la redevance évite que les montants alloués soient discutés chaque année avec le budget de la Confédération. Le mécanisme préserve l’autonomie éditoriale et la stabilité des médias publics.

La redevance est un système solidaire: tout le monde paie un forfait et chacun peut accéder à l’ensemble des contenus, comme pour les prestations d’autres services publics financés via l’impôt (écoles, défense, routes, etc.) Ainsi même les programmes faisant moins d’audience, mais culturellement ou socialement importants, peuvent exister. C’est le service public.

Enfin, la RTS et la SSR jouent un rôle crucial dans la cohésion sociale et la démocratie suisse, avec des débats équilibrés, une information indépendante et une offre permettant à la population de mieux connaître son pays. La confiance du public dans la RTS, qui atteint 73%, témoigne de l’importance et de la qualité de ce service.

Remettre en question le financement du service public sans comprendre son articulation et ses bénéfices risque de fragiliser un pilier essentiel de notre démocratie.

Marco Ferrara, porte-parole de la RTS